Création d’une agence européenne de renseignements. Réellement nécessaire ?

Nécessité ou non d’une agence européenne de renseignement ? Quelles priorités ?

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Suite aux attentats survenus la semaine dernière à Bruxelles, un certain nombre de dirigeants européens ont remis sur ma table l’idée de créer une structure supranationale dédiée au renseignement et tournée principalement vers la lutte antiterroriste. Elle revient régulièrement sur le devant de la scène mais les oppositions sont nombreuses et nous allons les analyser.

Europol existe depuis maintenant quinze ans et ne semble pas avoir réussi. Deux raisons l’expliquent. Le manque de moyens humains et une « incohérence » dans le recrutement puisque Europol est composée de policiers et non pas d’agents du renseignement. Cela a pour conséquence qu’elle ne fait que collecter les informations des services de renseignement nationaux mais n’en apporte aucune.

L’essentiel et le plus urgent est donc de renforcer la coordination entre services européens. Échanges d’informations et suivi régulier sont plus que nécessaires. L’idée revenant après chaque attentat en Europe d’une structure supranationale n’est pas voulue par l’ensemble des États et demanderait une révision des traités existants. L’énergie consacrée à ce projet pour le moment « utopique » doit donc être consacrée à une mise en œuvre pragmatique.

Mais avant même cela des réformes s’imposent, ne serait ce qu’en France. Deux éléments doivent être améliorés en priorité. En plus de l’approfondissement de la coordination européenne.
Le premier est la redéfinition des rôles et des missions au sein de la DGSI. Même si la DGSE a des moyens financiers bien plus importants, cela n’explique pas l’ensemble des échecs de la première. Le renseignement intérieur se doit de revenir à une culture de terrain et à une collecte patiente de l’information. Le maillage territorial, qui a été remis en question par la dilution des RG dans la DGSI et la RGPP, doit être revu et adapté aux nouvelles menaces.

Le second élément est encore plus sensible car il s’agit de la nécessité pour l’ensemble des services d’avoir des relations encore plus poussées avec les pays extra européens comme le Maroc, l’Algérie et la Turquie. Charles Pasqua affirmait que « 50% des attentats déjoués l’étaient grâce à des informations provenant de services non européens ». Cela pousserait donc la France et les Européens à revoir partiellement leurs relations stratégiques avec ces pays, qui pourraient chercher à « monnayer » leurs informations contre des avantages diplomatiques ou des investissements économiques.

La gravité de la situation impose donc d’agir rapidement sur l’ensemble des éléments évoqués ci-dessus, avec discernement et force.

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Palestine/UE, un plan d’aide de 252,5M d’euros.

L’Union Européenne s’apprête à verser une nouvelle aide financière à l’Autorité Palestinienne.

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Néanmoins, au delà de cette succession d’enveloppes budgétaires depuis des décennies, de la part des Européens, des Arabes ou de L’ONU, se pose la question de la construction d’une véritable économie palestinienne.

La communauté internationale parle de deux États. Mais comment l’un des deux pourrait se développer sereinement sans structures économiques solides ? Sans fluidité des échanges entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ? Pour cela il faudrait que le processus de paix soit déterré et que la communauté internationale cesse de laisser les Palestiniens seuls face au gouvernement israélien, tant le rapport de force est déséquilibré. Mais également que l’aide versée le soit pour de vrais projets structurants sur le plan économique.  En 2013, le total de l’aide s’élevait à 426 millions d’euros contre 252 millions d’euros cette année.

Néanmoins, alors que l’UE a comme pour objectif principal d’aider les Palestiniens à construire des institutions solides via le programme PÉGASE et le prouve en débloquant 170 millions d’euros  pour ce dernier, contre 168 millions d’euros en 2013. En 2016, nous constatons donc que la quasi totalité de l’aide européenne ira vers la création d’un secteur public plus que nécessaire mais qui n’apportera probablement pas les effets escomptés par la population.

Analyse suite à la lecture de cette source : http://www.itele.fr/monde/video/palestine-un-plan-daide-de-2525-millions-deuros-155629